2005-2006 > Port de la Joliette, déambulation hypnotique et solitaire. 1

Comme dans le Horla, j’étais observé par un monstre. Il dépassait quelques fois sa trombine, de derrière un mur, un vieux pneu géant, ou une bouée moussue. Dans ce lieu immense et vide, angoissé, je sentais sa présence, me suivre pas à pas. De loin, je pouvais distinguer une gueule étrange, balafrée et burinée par le soleil dur. Peut-être rêvait il de finir dans la cale sale d’un cargot pour rentré chez lui.

Sur mes gardes, je me tenais à distance, le couteau dans la poche et la main serrée dessus.. Il avait du sentir que je pourrais lutter jusqu’a la mort, désespéré que j’étais, ou avait-il simplement eu trop de balaffres déjà sur la tronche. Il ne s’approcha jamais à moins de cent metres de moi, me foutant la paix dans mes déambulations hypnotiques. Un jour, j’ai essayer de le shooter avec mon Hasselblad. Je n’ai pas réussi à le saisir sur plaque sensible. A chaques tirages il avait disparu de l’image, ne laissant qu’une volute spéctrale sur mon papier baryté.

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