2014 à ... > Dante, la Divine comédie, L’enfer, Chant VII, 5 ème Cercle, les coléreux

(...)
33. « Maintenant nous descendons là où s’émeut une plus grande pitié. Déjà les étoiles qui montaient quand je partis s’abaissent, et défendent de trop s’arrêter. »

34. Nous passâmes à l’autre bord du cercle, près d’une fontaine qui bouillonne et se dégorge par un fossé dérivé d’elle.

35. L’eau était d’une teinte plutôt sombre que noire ; et nous, en suivant les brunes ondes, nous entrâmes par un autre chemin dans ces basses régions.

36. Descendu au pied de ces malignes pentes grises, ce triste ruisseau y engendre un marais nommé Styx.

37. Et moi qui regardais, attentif, je vis dans ce bourbier des gens tout nus, couverts de fange, le visage courroucé.

38. Non pas seulement avec la main, mais avec la tête, avec, la poitrine et les pieds ils se frappaient, et en lambeaux se déchiraient avec les dents.

39. Le bon Maître dit : « Tu vois les âmes de ceux que vainquit la colère, et je veux aussi que pour certain tu tiennes

40. « Qu’il en est, sous l’eau, dont les soupirs produisent ces bulles à la surface, comme l’œil te le montre, où qu’il se tourne.

41. « Enfoncés dans le limon, ils disent : Malheureux fûmes-nous dans le doux air que réjouit le soleil, ayant au dedans de nous une fumée pesante !

42. « Maintenant nous nous attristons au fond de la bourbe noire… Dans leur gosier ils murmurent cet hymne, dont ils ne peuvent prononcer une parole entière. »

43. Ainsi nous parcourûmes, entre la rive sèche et le milieu, un grand arc du sale marais, les yeux tournés vers ceux qui engloutissent la fange :

Au pied d’une tour nous vînmes enfin.

(...)

Et aussi...